État du marché · 2026

Tout le monde attend le moment parfait. C'est exactement ça, la fenêtre.

Guerre commerciale, économie molle, manchettes anxiogènes : on les entend aussi. Cette page met les chiffres officiels de 2026 à côté des manchettes, et te laisse juger.

2,25 %
Taux directeur, stable depuis octobre 2025 (contre 5 % au sommet de 2023-2024)
4,7 M
Logements à construire d'ici 2036 selon la SCHL pour rétablir l'abordabilité
−13 %
Mises en chantier en juin 2026 vs l'an dernier : l'offre future rétrécit
≈ 51 000 $
Le coût estimé d'attendre 2 ans avec 200 000 $ (calcul plus bas)
Le financement est redevenu prévisible
▶ La vidéo

1 minute 30 pour comprendre. Le reste de la page pour vérifier.

Puis descends : chaque chiffre mentionné est vérifiable dans les sections ci-dessous, sources officielles à l'appui.

1 Ce qu'on entend

Les manchettes ont raison. Et alors?

On ne va pas te dire que tout va bien : incertitude commerciale avec les États-Unis, croissance économique molle en 2026, consommateurs prudents. Tout ça est vrai. La question d'investisseur n'est pas « est-ce que c'est inquiétant? », c'est « qu'est-ce que ça change pour un immeuble plein de locataires qui paient leur loyer? »

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Ce que les manchettes regardent

Le trimestre. Les tarifs. Le PIB de 2026 (faible, ± 0,7 %). L'humeur du moment. Des choses réelles, mais de court terme, sur lesquelles personne n'a de contrôle.

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Ce qu'un immeuble regarde

Est-ce que les gens ont besoin de se loger? Oui, dans tous les cycles. Est-ce que le financement est prévisible? Oui, le taux directeur n'a pas bougé depuis octobre 2025. Est-ce que l'offre future menace mes loyers? Non : elle rétrécit. Et la banque centrale prévoit elle-même le rebond (± 1,8 % de croissance en 2027-2028).

2 Ce que disent les chiffres

Le déséquilibre qui protège les propriétaires d'immeubles.

Pas nos chiffres : ceux de la SCHL (rapport de septembre 2026) et de la Banque du Canada.

417 à 469 k
Mises en chantier nécessaires PAR ANNÉE selon la SCHL pour rétablir l'abordabilité d'ici 2036
≈ 132 k
Mises en chantier réelles de janvier à juillet 2026, en baisse de 4 % sur un an
× 3
À Montréal, il faudrait tripler le rythme de construction pour combler l'écart, qui s'est encore élargi
2 %
L'inflation est revenue près de la cible : le financement est stable et prévisible

La phrase à retenir vient de la SCHL elle-même

L'économiste en chef adjoint de la SCHL avertit que le principal risque est une construction insuffisante pendant l'accalmie actuelle, et que le pays se retrouve à court de logements quand la demande reprendra. Traduction pour un propriétaire de multi-logement : la rareté de ton produit est en train de se fabriquer pendant que les autres hésitent.

3 La fenêtre

Pourquoi l'hésitation des autres est ton avantage.

Une fenêtre d'achat, ce n'est pas quand tout va bien. C'est quand trois choses s'alignent :

🤝

Moins de compétition à l'achat

Quand les manchettes font peur, les acheteurs se retirent. Moins d'offres sur les immeubles = plus de pouvoir de négociation = le profit à l'achat redevient possible. En 2021, il fallait surenchérir; en 2026, on négocie.

🔁

Des vendeurs motivés

Les propriétaires qui ont financé à 2 % en 2020-2021 renouvellent aujourd'hui à des taux plus élevés. Ceux qui étaient mal capitalisés ou fatigués vendent, et un immeuble bien acheté à un vendeur pressé, c'est le levier 3 en action.

📉➡️📈

L'offre future rétrécit

Chaque mois de mises en chantier en baisse aujourd'hui, c'est des logements qui n'existeront pas dans 3 ans. Quand la demande rebondira (la Banque du Canada le prévoit pour 2027-2028), les immeubles existants seront les seuls sur le terrain.

4 Le coût d'attendre

Attendre n'est pas neutre. Attendre a un prix.

Le même 200 000 $, deux décisions. Hypothèse volontairement conservatrice : un projet à TRI de 12 % (sous la fourchette de nos projets types).

🏢 J'investis maintenant (12 %/an pendant 5 ans)≈ 352 000 $
⏳ J'attends 2 ans « que ce soit clair » (CPG 3,5 %, puis 12 % pendant 3 ans)≈ 301 000 $

Différence : ≈ 51 000 $, sur le même horizon, avec le même capital. Et ce calcul ignore ce que l'attente coûte en plus : la capitalisation que les locataires n'auront pas payée, le profit à l'achat de la fenêtre actuelle, et le cycle de refinancement qui commence deux ans plus tard. Attendre le moment parfait, c'est payer très cher un confort d'humeur. Le marché ne récompense pas ceux qui attendent que ce soit confortable; il récompense ceux qui achètent des chiffres qui fonctionnent aujourd'hui.

5 Vos hésitations légitimes

Les quatre phrases qu'on entend en 2026. Réponses franches.

« J'attends que les taux baissent encore. »

Les prévisions publiées pointent vers un maintien prolongé du taux directeur à 2,25 %, et le prochain mouvement débattu par les économistes est une hausse en 2027, pas une baisse. Attendre une baisse, c'est parier contre le consensus. Et si elle arrivait quand même? Un immeuble se refinance : tu profiterais de la baisse SUR un actif déjà acquis au prix d'aujourd'hui, plutôt que d'acheter plus cher dans la cohue qu'une baisse déclencherait.

« Les prix sont trop hauts. »

On n'achète pas « le marché », on achète un immeuble précis avec des chiffres précis. Un deal se qualifie par son cash flow, son RCD et son prix par rapport à ses revenus, pas par l'humeur générale. S'il ne se qualifie pas, on ne l'achète pas : le filtre travaille pour toi. Et le déficit de 4,7 millions de logements ne suggère pas des prix durablement plus bas devant nous.

« Une récession s'en vient. »

Peut-être. Mais demande-toi ce que fait un locataire en récession : il continue de se loger. Il peut même quitter la propriété pour la location, ce qui augmente la demande locative. Le PIB de 2026 est mou, la Banque du Canada prévoit le rebond en 2027-2028 : historiquement, c'est pendant la mollesse qu'on bâtit les meilleures positions, pas après le rebond, quand tout le monde revient en même temps.

« J'ai manqué le bateau. »

Le déficit de logements est un problème de dix ans, documenté par la SCHL jusqu'en 2036. Un déséquilibre structurel de cette taille ne se règle pas en un cycle. Le meilleur moment pour investir était il y a cinq ans; le deuxième meilleur, c'est pendant que la construction ralentit et que les autres hésitent. Le bateau, il part à toutes les fenêtres de marché : la question est juste d'être sur le quai avec des chiffres vérifiés.

6 La suite

On ne te demande pas d'être optimiste. On te demande de vérifier.

Vérifie les sources

Taux directeur (Banque du Canada), Rapport sur l'offre de logements (SCHL, septembre 2026). Tout est public. Ne nous crois pas sur parole.

Viens avec tes doutes

Amène tes hésitations les plus dures à l'appel. Un bon raisonnement survit aux questions difficiles.

Juge sur un vrai deal

Pas sur des généralités : sur une grille complète, avec ses documents sources et son TRI projeté. Le marché est une toile de fond; la décision se prend sur les chiffres d'un immeuble précis.